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Le chemin de Compostelle est à la mode ! Il est fréquenté par de nombreux randonneurs, solitaires, en couple, en famille, en groupe, quelquefois accompagné d’un guide. Certains groupes se forment au grès des rencontres, quelques couples aussi.

Les motivations sont très diverses : pèlerinage religieux, désir de solitude ou de rencontre, plaisir du voyage méditatif, objectif sportif, découverte de la France profonde…..

En ce qui me concerne, après avoir testé le SHERPA-TREK avec succès dans les alpes, il me restait à tester la réaction des randonneurs devant ce matériel plutôt nouveau. C’est pourquoi j’ai décidé de remonter le courant pour rencontrer le maximum de monde.

Vendredi 17 août :

J’ai passé la nuit chez Jef et Ines, de bons amis de longue date, qui tiennent un superbe gîte à 10 Km de CAHORS : le MAS D’ALICE à LABURGADE. Vous pouvez aller les voir de ma part, ils vous recevront en amis. Même incognito, ils vous recevront bien : c’est dans leur nature.

Le petit déjeuner s’est un peu éternisé, on a du mal à quitter les amis, départ à 11 heures.

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Il fait beau, ça me change du Mont blanc, le sentier est très facile, c’est une ancienne voie romaine qui passe le plus souvent en sous bois. C’est agréable, progression facile et rapide, le terrain est tout plat.

Je croise quelques randonneurs et de vrais pèlerins (très reconnaissables).

DSCN6546Quelques uns m’arrêtent, intrigués par mon équipage. Certains veulent faire un essai, comme ce groupe de filles très sympa. Elles cherchent un gîte, je les envoie chez Jef et Ines.

DSCN6550Dans la soirée, je traverse LIMOGNE EN QUERCY gros village animé, il y a une petite fête. Arrêt à la terrasse d’un café, j’écoute les musiciens qui ont arrangé un répertoire de chansons Française. Très original.

Il est temps de chercher un bivouac. Je trouve très facilement quelques kilomètres après dans un bois. Pendant que je plante la tente, je suis observé par un chevreuil. Après 30 secondes il disparaît en trois bonds légers dans le sous bois. Magnifique.

Samedi 18 août

Bonne nuit. Direction CAJARC. Je pensais arriver vers 13 h, mais je me suis trompé trois fois sur le chemin et j’arrive à 16h. C’est comme pour le tour du Mont Blanc, le fléchage en sens inverse n’est pas toujours bien fait. Surtout si on n’est pas très attentif, comme aujourd’hui.

C’est la saison des prunes, il y en à partout. J’en fais une cure.

DSCN6547De temps en temps une réserve d’eau qui devait rafraîchir les pèlerins de jadis.  Il vaut mieux éviter maintenant.

A ce propos, les points d’eau potables sont plutôt rare sur le plateau, prévoir des réserves.

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Un abri, plutôt préhistorique

DSCN6554Traversée de France profonde

Je bivouaque à proximité d’un lieu dit : le Mas haut.

Sur la carte je n’ai pas fais une grosse journée. En réalité j’ai fais plus de trajet qu’hier avec les fausses routes.

J’ai croisé une vingtaine de personnes, comme hier.

Dimanche 19 aout :

Réveil sous la pluie. Ça recommence comme dans les alpes ! Petit déj sous la tente. Déplantage sous la pluie, et on continue. J’avance bien aujourd’hui, je fais bien attention aux marques.

Midi, un restau, allez c’est dimanche : steak frites. J’en profite pour recharger la batterie de mon téléphone. Ne pas trop se couper du monde. Une éclaircie me laisse juste assez de temps pour faire sécher le matériel sur le parking du restaurant. Je continue dans les averses. Les éclaircies laissent passer le soleil d’août, et là il fait chaud. Je passe la journée à m’habiller et à me déshabiller.

                                                           Quelques architectures de la région :

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DSCN6560Je me prends en photo avec le pied, en posant l’appareil à l’abri sous un arbre. Mais un coup de vent secoue les branches et douche mon appareil. Le numérique n’aime pas la pluie, ce sera ma dernière photo.

Beaucoup de bitume dans la région de FIGEAC, pas très agréable. Surtout avec la circulation. Le bon coté, s’est que ça stimule pour avancer. Je bivouaque, bien après FIGEAC, aujourd’hui j’ai dû faire plus de 40 km.   

Lundi 19 août

Nuit pluvieuse. Déplantage arrosé. Petite pluie sournoise, bien pénétrante.  Pause petit déj à LIVINHAC LE VIEUX. La pluie aussi fait une pause. C’est un village à l’ancienne avec une place carrée l’église d’un côté, un bistrot de l’autre et la mairie au milieu. De l’autre côté, des commerces. Le bistrot est tenu par le maire, c’est un homme de terrain, très cordial.

Un groupe de randonneuses est installé à la terrasse. J’en profite pour « faire l’article ». On s’est bien amusé.

Je continue et traverse DECAZEVILLE sans m’arrêter. Direction CONQUES.

imm010_9ADans la soirée je fais un repas de prunes, de mures et de fraises des bois.

Le paysage commence à changer, c’est plus vert, il y a des vallons avec une végétation quasi tropicale.

Je suis à 5 km de CONQUES, c’est carrément le déluge. Je bivouaque. Repas : pain et fromage.

Mardi 20 août

Nuit et déplantage sous la pluie. La tente est squattée par les limaces. J’enfile mes chaussures. Sensation bizarre au pied droit. Berk, une limace dans la chaussure ! Finalement je préfère les fourmis (voir essais dans le QUEYRAS).

DSCN5923Descente sur des pierres très glissantes dans le vallon qui mène à CONQUES.

Je croise beaucoup plus de monde que d’habitude.

J’achète un appareil photo jetable (souvenir de CONQUES)

Opération séchage de matériel à la sortie de CONQUES.

imm021_21AEtape casse croûte à SENERGUES. L’aubergiste me confectionne un sandwiche monumental avec deux tranches de pain de campagne et deux tranches de jambon. Au moins 5 cm d’épaisseur. Très bon en plus.

Longue discussion avec ma voisine de table qui fait le COMPOSTELLE dans le sens normal. C’est une Ostéopathe parisienne d’adoption, comme beaucoup de Parisiens. J’ai été moi-même Parisien pendant 20 ans.

imm014_14AJe continue avec la pluie jusqu’à GOLINHAC ou je fais quelques courses.

Un arc en ciel béatifie le SHERPA-TREK.

Un groupe de randonneur m’invite à prendre un « canon » dans leur gîte. Ils me proposent de dîner avec eux, je refuse avec regret, je dois planter la tente, il est tard. Repas du soir : cassoulet. Cette fois je rentre les chaussures dans la tente.

Mercredi 22 août

Ce matin pas de pluie. Direction ESTAING. Chemin très facile.

Je croise plus de randonneurs que d’habitude.

imm007_6Aimm022_22A

imm011_10ARepas du midi dans un bar près du pont.

imm002_1Aimm004_3ALongue discussion avec les voisins. J’arrive à ESPALION tranquillement en fin d’après midi.

Un marché paysan se prépare pour la soirée, ainsi qu’une estrade pour un orchestre. Je décide de passer la soirée, et m’installe au terrain de camping (très bien). Il n’y a pas beaucoup de monde à cause du temps. Je me prélasse sous la douche, m’habille de propre te retourne en ville. La pluie remet ça, très fort. J’arrive pendant que tout le monde replie le matériel. Fin de la soirée. Je me venge sur les spécialités régionales au restau du coin.

Jeudi 23 août

Je replie sous la pluie. Là je craque. Je ne vais pas faire l’AUBRAC avec ce temps de cochon !

Je me réfugie au café de l’hôtel de ville, c’est le siége du club de rugby local. Je vois qu’ils organisent une grande soirée tripoux sur le foirail. C’est ce soir. Pas assez motivant pour rester. Je décide de retourner à CAHORS chercher ma voiture et attendre chez moi des conditions plus clémentes pour continuer jusqu’au PUY en VELAY.

imm001_0AIl y à un bus à 13h pour RODEZ, puis un train RODEZ FIGEAC à 14h et enfin un bus à FIGEAC qui me dépose à CAHORS à 18h45. Une bonne demi journée pour faire 200 km.

Le soir Jef et Ines me font des tripoux, j’ai bien fait de ne pas rester à ESPALION

En attendant le bus à FIGEAC sous la pluie

samedi 1 septembre

Retour à ESPALION, la météo annonce du beau temps. J’ai acheté un autre appareil photo.

J’attaque le GR à 14h. Le chemin est toujours très bon mis à part quelques raidillons pierreux. Dans l’ensemble ça grimpe plutôt gentiment d’ESPALION à 330m vers ST CHELY D’AUBRAC à 800m.

DSC00045Je rencontre pas mal de monde. Beaucoup de questions et d’intérêt pour la brouette. Ce que j’entends le plus souvent c’est « vous ne pouvez pas passer partout avec ça ! » je répond que j’ai fait le tour du Mont Blanc et que le GR 65 me parait bien facile. C’est une référence qui s’impose. Pas pour tout le monde. Plusieurs randonneurs m’ont promis les pires difficultés du coté de SAINT PRIVAS D’ALLIER. On verra bien.

DSC00048Je vois apparaître SAINT COME d’OLT

Finalement je bivouaque à 3 km de ST CHELY D’AUBRAC.

Dimanche 2 septembre

DSC00049Lever ensoleillé, c’est assez rare, je prends une photo. Les paysans sont de grands artistes. Mais ils ne le savent pas.

DSC00052En chemin je rencontre de drôles de pèlerins.

Un peu désagréable. Déjà que je trouve le COMPOSTELLE trop bitumé, si en plus les motorisé passent sur ce chemin, que reste-t il de la nature ?

Heureusement c’est plutôt rare.

DSC00053J’attaque le plateau de l’AUBRAC. Le chemin est très agréable dans cette région.

    

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Arrivée à AUBRAC. Arrêt chez GERMAINE l’un des restau local. Je me suis fais servir un plateau de fromage de l’AUBRAC et une part de tarte aux fruits rouges. Une part gigantesque absolument délicieuse. Je n’ai rien laissé.

DSC00056En sortant je retrouve des randonneurs que j’avais doublé ce matin. Les rares à faire le chemin dans ce sens.

Une épidémie bovine interdit le passage du GR 65 entre AUBRAC et NASBINAL. Il faut passer par la route. C’est dimanche, il y a pas mal de promeneurs (en voiture). Un peu pénible sur 6 km.

DSC00059Traversée de NASBINAL

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Le plateau, traversé par un chemin est encadré de clôtures à quatre rangées de fil de fer barbelé.                                                                      

La liberté encadrée

DSC00063                                                                   

Une remarque : jusqu'à présent je trouvais des quantité de prunes de mures et de pommes sur le bord du chemin. Ici, rien de rien. Des champignons peut-être.

DSC00066Bivouac sur le plateau un peu avant « les quatre chemins » et coucher de soleil.

Lundi 3 septembre

Réveil par un concert de meuglement. Brume épaisse, température hivernale.

Je prends le petit déj à l’intérieur.

Au fait c’est mon premier petit déj de retraité. J’ai bien fait attention, c’est pareil qu’avant.

Donc premier jour de retraite.               DSC00075

En route. Petit à petit la brume disparaît.

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Les araignées aussi sont des artistes.

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Traversée d’AUMONT AUBRAC sans intérêt, je perds le chemin à la sortie.

Finalement je retrouve la bonne direction. Traversée de ST ALBAN SUR LIMAGNOLE.

Lundi, les commerçants sont fermés, je ferai avec ce qui reste. Je me perds dans l’hôpital. C’est une ville dans le village. J’ai eu du mal à en sortir. C’est souvent comme ça avec l’hôpital, mieux vaut éviter d’y rentrer.

Bivouac 6 km plus loin, près d’un lieu dit « la roche ». J’ai rencontré pas mal de monde ce matin, moins l’après-midi. Le ciel s’est couvert.

Mardi 4 septembre

Ce matin, temps couvert avec une petite bruinasse glacée. Je trottine pour me réchauffer et finalement je m’arrête car les doigts gelés.

DSC00082Je prends mes chaussettes de rechange et me fais des mitaines. Ça va mieux.

Sur le plateau j’évite une boucle vers « le sauvage » et descend en direction de CHAZEAUX. Là je suis le GR  et au bout de 40 mn je tombe sur un panneau « le sauvage 1 km » je reviens sur mes pas par un autre chemin ! de retour à CHAZEAUX j’apprends qu’il y a le vieux GR (celui par lequel je suis venu) et le nouveau. Encore une belle rallonge.

                                                                                             Je rencontre un groupe vachement intéressé. DSC00068

DSC00096et un autre complètement indifférent, on ne peut pas intéresser tout le monde.

Je passe LE VILLERET D’APCHIER et fais une halte un peu plus loin au FALZET.

Une ferme étape qui propose des casses croûtes et des produits de la ferme. Des gens très accueillants.

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Dans la journée je croise pas mal de monde. Des jeunes randonneurs et leur chien équipé d’un sac à dos, il porte sa nourriture !

Le chemin est toujours agréable, avec quelques passages sur bitume.

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traversée de SAUGES, rencontre de nombreux randonneurs

bivouac à 5 km de MONISTROL D’ALLIERDSC00099

Mercredi 5 septembre

Traversée de MONISTROL D’ALLIER en direction de ST PRIVAT D’ALLIER

Rencontre de nombreux randonneurs. Beaucoup de questions. Un cycliste avec une remorque fait le chemin, détail amusant, il a aussi un sac de sport jaune. Nous sommes au pied de ce fameux passage dont on m’a parlé plusieurs fois comme étant quasi infranchissable avec ma brouette. Le cycliste a eu du mal, il a dû se faire aider pour descendre.

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En ce qui me concerne, pas de problème. Montée sans histoire.DSC00104

direction LE PUY EN VELAY. Cette partie est normalement sans difficulté. Mais sans doute distrait je perds le chemin plusieurs fois et bats les records de plantage : 4 fois ! J’ai dû faire 15 km de plus. Je suis arrivé 3 heures plus tard que prévu.

Direction le camping, la douche puis le restaurant.

DSC00112Avant LE PUY :DSC00113

DSC00116enfin LE PUY

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Jeudi 6 septembre

Il me faut regagner Espalion pour récupérer la voiture. Je me suis renseigné, par les transports classiques : train et bus, il faut deux jours ! Rien de direct et pas de correspondances pratiques.

Conclusion : le stop.

Je préfère laisser la brouette et le gros sac au camping, je reviendrai après pour les pendre.

La route directe n’est pas assez fréquentée, je choisis de faire un crochet par MENDE et RODEZ. Je prépare mes pancartes que j’écris au dos de mes cartes que je place dans mon protége carte.DSC00126

A dix heures je suis en place à la sortie du PUY.

Assez rapidement je suis pris par un jeune, Thomas qui fait de l’animation de rue dans les fêtes médiévales. Il me laisse à PRADELLES. Il fait un froid de canard.

Là un autre jeune, un étudiant en informatique, me dépose à LANGOGNE. 

Peu de temps après, un camping car s’arrête : un couple de jeunes Renan et Marie avec deux chiens. Ils  viennent du nord pour faire les vendanges, ça leur fait des vacances. Ils me laissent à SEVERAC LE Château.DSC00119

Ensuite un forain qui vend des chaussettes me laisse sur la route entre RODEZ et ESPALION.

Pour finir un homme qui venait de MOISSAC pour livrer une voiture à sa fille à LYON m’a déposé à ESPALION.

Il ne m’a pas fallu plus de 5 heures pour ce trajet. Je constate que les plus serviables sont les jeunes, les vieux (de ma génération) ne tournent même pas la tête.

J’ai refais le trajet  ESPALION – LE PUY en trois heures, par l’itinéraire  qui m’a pris 5 jours à pied. C’est le progrès.

CONCLUSIONS

L’objectif était de tester la réaction des randonneurs devant ce nouveau matériel de randonnée.

A part quelques exceptions, les gens étaient intéressés, voire même enthousiastes. Beaucoup ont voulu essayer la brouette, et, ou, se sont fait prendre en photo avec. J’ai rencontré un grand nombre de canadiens du QUEBEC.

Le public de Compostelle est bien différent de celui des Alpes. Beaucoup sont peu préparés à la marche et encore moins au sac à dos. Il y a même un service de ramassage de bagages qui les transporte de gîte en gîte. A quand le Compostelle en pousse- pousse ?

Je pense que le SHERPA-TREK à de l’avenir sur les chemins de compostelle.

Beaucoup de solutions existent, la plus sérieuse étant le chariot mono roue tracté, le randonneur est attaché avec un baudrier. J’ai vu un cycliste avec un sac à dos, un autre tractant une remorque. J’ai croisé un jeune couple avec un enfant dans un chariot bâché à quatre roues, genre conquête de l’ouest. On m’a cité un garçon tractant un chariot à deux roues semblable au mono roue. Un néo zélandais à fait tout le chemin avec un chariot à deux roue lourdement chargé (il avait deux accordéons). Une dame a utilisé un caddie de golf, une autre, un panier à roulettes pour faire le marché. Certains ont adapté une poussette bébé à trois roues. Enfin il y a l’âne.

Toutes ces solutions ont leurs avantages et bien sûr leurs inconvénients. Il faut choisir celle qui se fait le mieux oublier pendant son usage.

De ce point de vue, le SHERPA-TREK répond parfaitement à ce critère. C’est un peu comme le vélo, une période d’apprentissage est nécessaire (2 à 3 heures) le contrôle de l’équilibre devient un réflexe et la conduite ne demande que peu d’efforts, voire pas du tout.

En ce qui me concerne, comme je ne porte rien, je marche vite, et comme je ne fatigue pas je marche longtemps. En terrain favorable, comme souvent sur le Compostelle, je peux marcher à 6 km/h pendant 7 heures soit une quarantaine de kilomètres sans forcer.

Conclusion de conclusion : c’est tout bon !