Vu le bon comportement de la brouette Dans le QUEYRAS je décide de faire le tour du MONT BLANC. Vieux projet toujours envisagé puis abandonné à cause de mon dos. Ça tournait au phantasme.

Jeudi 2 août :

j’ai un peu traîné sur la route et j’arrive à CHAMONIX à 12 h 30. C’est un peu tard pour attaquer l’ascension du col du Brévent. Je décide de tricher et de prendre le télésiège pour gagner du temps. Le ciel est très gris il fait un peu frais. Au moment de prendre le billet, coup de tonnerre, un orage éclate. Le garçon du guichet me déconseille de monter, et d’ailleurs ils allaient arrêter le télésiège. 

D’un seul coup il me vient une envie de steak frites. La déception sans doute.

Retour au centre ville. Je m’installe à la terrasse d’une brasserie. Un violent coup de vent balaie la terrasse, avec tout ce qu’il y a sur les tables : les nappes les verres les cartes….. Les garçons s’accrochent au store pour l’empêcher de s’envoler. On croirait une régate. Je change d’établissement. J’en trouve un moins exposé.

Je me suis régalé de mon steak frites. Il est 14h, j’hésite, il fait toujours gris mais il n’y a plus de tonnerre. Je décide de partir.

J’attaque (à pied) en direction du chalet La Floria. Montée très facile. Je rattrape un couple de jeunes randonneurs lourdement chargés. Je leur adresse quelques mots d’encouragement. Mais c’est le genre peu loquace, un peu triste. Fatigués j’ai l’impression. Je continue et les perd rapidement de vue.

Je passe le chalet La Floria qui est en fait un bar d’altitude : les tables sont carrément sur le sentier. Tout juste la place pour passer. J’essaie de faire une photo, on ne voit pas le mont blanc pourtant juste en face.

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Dix minutes plus tard, l’orage éclate. En quelques secondes, le sentier est transformé en torrent. Il y a des marches faites dans des troncs d’arbres posés en travers du chemin qui font de très jolies cascades. Je suis un peu abrité sous un Mélèze. Maintenant il grêle. Tout est blanc en quelques secondes. Ça s’arrête et disparaît aussi vite.

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Ça se calme après 20 minutes. Je continue tranquillement à monter. Je m’arrête pour boire. Zut j’ai oublié de prendre de l’eau, un comble, rien à boire sous le déluge. Pas de soucis j’en trouverai plus loin.

J’arrive presque en haut et je m’aperçois que j’ai perdu le poncho que j’avais posé sur mon sac pour le protéger de la pluie. Comme j’étais en position tirée, je ne l’ai pas vu se décrocher. Je pose la brouette et redescend à sa recherche. Je le retrouve 10 minutes plus tard. Et je remonte, vive le sport.

Arrivée au sommet des pistes à la Flégére, averse intermittentes, je renonce à bivouaquer au lac blanc. Je redescends vers ARGENTIERE et je trouve assez rapidement un terrain assez plat pour poser la tente. Il ne pleut plus. J’en profite pour monter la tente. Me voila installé, et la pluie remet ça.

Que nous a préparé le chef ce soir ? Du thon à l’huile d’olive avec une jardinière petit pois carottes.

Une nuit d’enfer ! Déluge, tonnerre, éclairs, j’aurai pu lire le journal dans la tente si j’en avais eu un. Heureusement que je n’ai pas pris la petite tente de bivouac, grande comme un cercueil. Pour deux kilos de plus, j’ai au moins le confort de l’espace. C’est une deux place.

J’ai aussi deux matelas auto gonflables et un oreiller ! Je joue la carte confort en partant du principe que je passe autant de temps à marcher qu’à dormir. Pour moi le repos est fondamental pour une bonne rando.

Vendredi 3 août :

Finalement j’ai bien dormi. Je fais l’inventaire de ce qui est à moitié sec et ce qui est à moitié humide. De toutes façons pas moyen de faire sécher : il pleut encore. La carte est mouillée, c’est embêtant.

Il paraît, d’après la carte que je suis en face de la mer de glace. Je ne la vois pas, elle est dans les nuages. Je plie la tente et la ferai sécher plus tard. Petit déjeuner avec un demi litre de thé, et en route. Descente en direction de ARGENTIERE, très facile.

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Petit à petit la pluie s’arrête. Je commence à sécher. Passage à ARGENTIERE et en route pour le col de Balme. Montée facile, entre les remontes pentes. Arrivée au col, un chalet d’alpage: le drapeau suisse flotte au vent. Il y a un peu de soleil. Ambiance très pastorale, il y a des vaches, des chevaux qui se promènent sur la terrasse.

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Je commande un thé et un sandwich au jambon pendant que je sors toutes mes affaires pour les faire sécher. Une vache très curieuse tente de brouter ma tente. Les chevaux s’intéressent de très prés à mon sac jaune. Ils bavent un peu dessus. Le jeune berger essaie d’essuyer avec sa manche, en fait il étale. Désolé, il me dit « c’est tout crapautè ».

Mes affaires sont enfin sèches. J’étudie la carte, je suis un peu indécis. Passer par BOVINE ou par la variante fenêtre d’ARPETTE ? J’interroge la brave aubergiste qui me répond « vous passerez jamais par ARPETTE avec votre « chariotte » il faut passer par BOVINE » sur un ton à la fois Suisse et péremptoire.

Cette fois c’est décidé je passerai par ARPETTE, non mais !

Le sentier n’est pas facile, souvent taillé à flan de montagne avec juste assez d’espace pour les semelles.

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Quelques passages difficiles.

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Descente dans une rampe très impressionnante.

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J’arrive face au glacier.

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Je croise deux jeunes randonneurs qui me confirment la difficulté du col. Je trouve un espace plat assez grand et m’installe pour passer la nuit.

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Mauvaise surprise, les allumettes sont humides.

Ce soir le chef nous prépare du thon à l’huile d’olive avec jardinière petit pois carottes froid.

Samedi 4 août :

Départ rapide puisque pas d’allumette, pas de thé. Je termine la descente vers le torrent et commence l’ascension vers la fenêtre d’arpette.

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Aujourd’hui grand beau. J’en profite pour faire sécher les allumettes et préparer mon demi litre de thé. Petit déjeuner royal face au glacier le pain d’épices est encore meilleur. Je continue la marche d’approche du col. Elle s’avère plutôt difficile, je ne progresse pas très vite. J’assiste en direct à un détachement de glacier qui s’écroule avec un terrible fracas qui résonne dans la vallée.

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Midi, petit coup de fatigue, j’ai faim. Le chef nous prépare du thon à l’huile d’olive avec jardinière petits pois carottes CHAUD cette fois. Après ça, petite sieste. Et ça repart. Je dépasse un couple qui peine aussi, la quarantaine bedonnante. Un peu plus tard ils rebroussent chemin. Il faut s’entretenir mieux que ça, les amis!

C’est dur ! Cette fenêtre, je l’aurai à l’usure.

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Il a quand même des passages difficiles. J’adopte la technique du col Valente : un quart de charge dans le petit sac que je me mets sur le dos. La brouette est plus légère et plus facile à manœuvrer. Je trouve toujours un moyen pour caler la roue entre deux rochers pour immobiliser la brouette pendant que j’escalade un rocher. Et ça passe, je n’ai jamais été obligé de la porter pour passer une difficulté.

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Enfin, victoire ! Mais je pense avoir atteint la limite d’utilisation de la brouette.

Une remarque technique : pendant l’ascension je n’ai pas utilisé la sangle de traction pour ne pas risquer d’être entraîné par la charge en cas de chute.

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La descente s’annonce difficile. La pente est moins sévère, mais le pierrier est plus long.

Sur la photo on distingue quelques randonneurs qui paraissent perdus dans ces énormes blocs.

Descente très pénible, la fatigue s’ajoute à la difficulté du terrain.

Je m’arrête le plus tôt possible pour bivouaquer près du torrent. Je fais ma toilette l’eau n’est pas trop froide.

J’ai perdu mon pied photo. On me verra moins, c’est peut-être mieux.

Voyons ce que le chef nous a préparé ce soir. Une jardi…..  non, non,non, du pain et du fromage et c’est tout !

Dimanche 5 août

Réveil à 6h30 il fait jour, bien dormi, sauf que le terrain était légèrement en pente et j’ai passé la nuit à faire du yoyo. Le soleil est encore derrière la montagne. Je suis dans un univers de fougères de fleurs et de roches avec ce torrent d’eau cristalline, dans un cirque formé par des falaises verticales. Magnifique.

Je plie la tente humide. Je la ferai sécher cet après-midi à la pause casse croûte.

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J’attaque la descente vers CHAMPEX la brouette en avant, très facile. La charge est totalement sur la roue, je n’ai absolument rien à porter. De plus la charge est motrice, elle m’entraîne, je trottine sans effort.

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Je traverse CHAMPEX petit village modèle, très propre avec un étang d’une eau translucide. Je m’arrête dans une boutique pour faire une cure d’abricots. Dehors un groupe d’anglais s’intéresse à ma brouette. Ils tiennent à l’essayer, et se prennent en photo avec. Joyeuse ambiance.

Je continue ma route, toujours très facile, c’en est presque honteux ! Je traverse un parcours guidé sur les champignons. Il y en à de très bizarres. On les croirait sortis de chez Walt Disney. Ceux là ne sont pas comestibles.

J’ai dû me laisser distraire, car au bout d’un moment je m’aperçois que je ne suis plus sur le chemin. Demi-tour.

Je rattrape le chemin en direction de LA FOULY et trace la route à grande foulée.

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Je m’arrête pour la pose casse croûte et en profite pour faire sécher la tente. En face une magnifique cascade.

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Je suis attaqué par un gang de fourmis rouges. Très féroces. Je range en vitesse et continue ma route. Je fonce. 7 km en moins d’une heure, avec un dénivelé montant de 250m . Je ne l’aurais pas fait avec la charge sur le dos. D’autre part je ne tiendrais pas cette cadence toute la journée. Les fourmis rouges sans doute !

A LA FOULY je rencontre un randonneur solitaire, Bernard, qui lui, voyage léger. Il a fait LES CONTAMINES – COURMAYEUR d’une traite. Je n’en reviens pas ! Il me faudra presque deux jours pour le même trajet !

Direction col Ferret. L’ascension commence par un chemin agricole jusqu'à une ferme auberge : La Peula. Elle continue par un bon sentier qui monte tranquillement. Aucune difficulté, sauf la monotonie. C’est de la montagne à vache, le sentier est interminable.

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Enfin le col 2537m, belle vue sur la vallée Italienne et surtout les 3 glaciers : Frébouze, Triolet et Pré de Bar.

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sur la photo, on voit que Pré de Bar

La descente en Italie est beaucoup plus rapide, très fréquentée par les VTT qui montent au col en poussant.

A mi-pente je trouve les vestiges d’une ancienne construction et un plat suffisant pour installer la tente. Il est 18h, je décide de bivouaquer là. Il y a aussi une source qui se déverse dans deux grands bacs. Sans doute un ancien abreuvoir. Dans l’un l’eau est très fraîche, dans l’autre presque chaude, car l’eau circule très doucement. J’y ferai ma toilette.

En quelques minutes je réunis des débris de parpaings et de planches, et me confectionne un siége très confortable pour admirer le paysage. Je savoure mon thé avec beaucoup de volupté.

Royal !

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lundi 6 août ,

j’assiste au lever de soleil sur les glaciers.

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Je m’arrache du spectacle et descend vers COURMAYEUR.

Passage remarqué devant le refuge Elena, devant des dizaines de randonneurs qui me regardent passer en trottinant, la brouette devant moi.

Je décide d’aller directement à COURMAYEUR car il ne me reste plus que trois biscuits et deux paquets de croquets au Sésame. Je ne prends pas le risque de me retrouver sans rien à manger au col sapin en cas de pépin sur le chemin.

Au pied du col je traverse de grands parkings. Il y a beaucoup de monde, des restaurants, des camions à pizzas. C’est le rendez-vous de COURMAYEUR .

Un peu plus loin je longe un golf magnifique. Je m’arrête sur un petit promontoire pour admirer tout ça en faisant la pause biscuit (après ça, je n’en ai plus).

Je suis reparti depuis dix minutes, et je constate que j’ai oublié mes lunettes et mon chapeau. Non pas le chapeau ! J’y tiens, je l’ai ramené de Nouvelle Zélande. Je remonte à toute allure récupérer mon précieux bien.

J’essaie de suivre un chemin qui longe le torrent plutôt que de longer la route.

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Après un kilomètre, je tombe sur des travaux. Ils passent des buses en suivant le chemin. Impossible de passer. Je remonte. Je reprend le chemin un peu plus loin, et là encore, demi-tour pour raison de pont écroulé.

J’arrive enfin à COURMAYEUR à midi. Je me jette dans le premier magasin qui se présente et refais mes provisions.

Ballade en ville. Plutôt chicos.

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Après avoir fait le touriste j’essaie de trouver le chemin vers le col Chécroui. Pas d’indication, je me renseigne, tourne en rond et me perds pendant au moins une heure.

Finalement, désespéré, j’essaie de prendre la route qui contourne le mont Chétif. Là encore après quelques kilomètres je tombe sur des travaux de busage. Demi-tour je cherche le chemin et fini enfin par le trouver, le panneau indicateur caché par des branches. Je constate qu’en faisant le tour à l’envers (par rapport à l’usage), les indications sont quelquefois moins claires.

L’ascension commence dans la forêt par une série de lacets très raides souvent équipés de tronc d’arbres pour faire des marches. J’en ai passé des centaines.

Le sentier débouche sur un chemin d’exploitation agricole qui monte jusqu'à la station de ski.

Là, travaux de modernisation, buldozers, bruit, poussiére… je file le plus vite possible en direction du col.

Au col je trouve un refuge très sympa « le vieux chalet » j’y prend un thé et un savoureux gâteau aux noix. Bonne ambiance que je quitte à regret, mais j’ai perdu beaucoup de temps aujourd’hui et il n’est que 18h.

Le ciel s’est couvert depuis un moment. Il commence à pleuvoir par intermittence.

Je trouve un lac, j’y trempe un doigt. Pas si froide, je décide de me baigner. Ça fera la toilette de la journée. Calme, silence, solitude, je nage jusqu’au milieu, sensation un peu inquiétante.

Je pense au Loch Ness. Je sors en vitesse.

Je viens de monter la tente et le déluge commence. J’ai eu de la chance. Je mange dans la tente l’excellent « Mozzetta di bovino » (viande des grisons) que j’ai acheté le matin, et du fromage de brebis, et comble du luxe du chocolat noir.

Pluie toute la nuit.

Mardi 7 août

Petit matin pas clair. Je tente une photo entre deux averses.

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On devine le pic gamba, le mont blanc est dans les nuages. Au premier plan ma baignoire et en insistant on devine la tente sur le sommet du bord un peu à gauche.

Je plie la tente sous un déluge. En route vers le refuge Elisabetta.

Le chemin ressemble à celui du col Ferret, pas très difficile, mais un peu monotone.

De plus je n’y vois pas grand-chose. J’essaie d’éviter les trous d’eau.

Devant moi un lièvre s’enfuit, c’est, à part les marmottes, le premier animal sauvage que je vois depuis mon départ.

J’arrive à un col « l’arp vieille » je distingue une balise dans la brume. Non, c’est un Japonais en tenue conquête de l’Everest. Sans les bouteilles d’oxygène. Il paraît complètement figé.

Je tente quelques mots d’anglais, il me bredouille quelque chose, et je devine qu’il attend une éclaircie pour voir le Mont Blanc. Je lui souhaite bonne chance et continue mon chemin. La patience des asiatiques est sans limite.

Enfin descente vers le lac du Miage. C’est le lac du glacier du même nom.

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Une petite éclaircie me permet de tenter une photo.

Au cours de la descente je rencontre de plus en plus de vaches. Jusqu'à présent il fallait éviter les trous d’eau, maintenant il faut slalomer entre les bouses.

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J’arrive dans la vallée, je profite d’une miraculeuse éclaircie ensoleillée pour faire sécher les affaires.

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L’éclaircie a duré une demi heure, juste le temps de sécher et de remballer. Le coup de chance, ce sera la seule occasion de la journée. Après ça, re-pluie, presque tout le temps.

Je croise beaucoup de groupes accompagnés d’un guide et d’un mulet qui transporte tout le matériel. Ils vont tous au lac.

Je passe le refuge Elisabetta, et continue en direction du col de la Seigne 2516m.

Je ne vois rien, que le chemin transformé en bourbier.

Je passe le refuge des Mottets, toujours rien à voir.

Descente vers la vallée. Au lieu dit « la ville des glaciers », un ensemble de six maisons, j’opte pour une variante qui passe par le cols des fours. (Attention avec les variantes)

Comme souvent, ça commence par un chemin d’exploitation agricole. Montée gentille en lacet. Evidemment toujours bien arrosé. Ça fait déjà pas mal de dénivelé de fait, et je remarque un petit chemin à gauche qui part dans une vallée. Aucune indication ni repère blanc rouge.

Ma carte n’est pas assez détaillée pour avoir une certitude. J’examine le terrain, il y a bien des empreintes de chaussures. Je m’engage sans être sûr. Au bout d’un moment je croise un randonneur. C’est bon. Cela confirme ce que je disais sur le balisage en sens inverse.

Ça commence à grimper sérieux. Trois bras de torrent à passer. La pluie à grossi le torrent, les pierres qui permettent de passer sont sous cinq centimètres d’eau avec un courant furieux. Ne pas se rater sinon, c’est le canyonning. Dommage pour les photos, c’était spectaculaire.

La montée devient vraiment pénible, la terre ne tient pas, les rochers sont glissants, le chemin se divise en plusieurs bras plus ou moins bien tracés, la pluie ravine tout à tel point que je me demande parfois si je suis dans le chemin ou dans le torrent.

Je ne suis plus très loin du sommet, mais il est 18h. Il me faudra peut-être encore une heure pour y parvenir. Je ne sais pas ce que je vais trouver pour bivouaquer de l’autre côté, la prudence me conseille de m’arrêter là pour ce soir. De plus il ne pleut plus depuis une demi heure et je suis presque sec. Il y a un coin plat sur une bosse, à l’abri des inondations. Allez ! On plante.

J’ai bien fait, je viens de terminer, et la pluie remet ça. Le déluge.

Je mange dans la tente : Mozzetta, fromage de brebis…… bref la même chose qu’hier. Mais ce n’est pas une punition.

 

Mercredi 8 août

Il a plut une bonne partie de la nuit. Ce matin je suis dans les nuages. Visibilité 30 mètres.

Heureusement il y a des kerns pour baliser le chemin. Je progresse péniblement par la méthode des petits objectifs. Je repère un kern et j’y vais pas à pas sans m’arrêter. Arrivé au kern je souffle quelques minutes et je repars pour le prochain. Il me faudra bien une heure pour arriver en haut. Pratiquement arrivé au sommet une petite éclaircie s’annonce. Je fais une photo.

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on voit un tout petit bout de montagne dans un trou de nuage.

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Arrivée au sommet : rien à voir circulez !

La descente n’a rien à voir avec la montée, du rocher glissant. Prudence.

Je croise pas mal de monde, à chaque fois je suis interrogé sur ma brouette.

Il y a des convaincus et des dubitatifs. En tout pour moi, la descente c’est le rêve, en douceur.

Je suis toujours dans la purée et au bout d’un moment je constate quelque chose de bizarre.

Primo, je ne croise plus personne, secondo il n’y a plus de marques blanche et rouge, tierso il n’y a pas d’empreinte sur le sol. Conclusion : je me suis fourvoyé. Je remonte au moins 20 minutes et je retrouve le chemin avec une bifurcation très discrète, que je n’avais pas vu. C’est ce que je disais plus haut à propos du balisage dans ce sens : un peu défaillant.

Je continue à descendre en direction des CONTAMINES. Une petite traversée de Névé sans problème. La pluie revient doucement. Mais sûrement.

Impossible de faire la moindre photo.

J’arrive à quelques kilomètres des CONTAMINES c’est carrément le déluge. Quelqu’un en voiture m’appelle : c’est Bernard (celui de la Foly) il a déjà fini. Sacré marcheur.

Je continue, j’arrive au CONTAMINES à 13h. Que faire ?  CHAMONIX est à 5 ou 6 heures.

Il tombe des cordes. J’ai une petite envie de steak frites. Les premiers restaus que je vois sont en fait des crêperies. J’interroge un couple de promeneurs d’un certain âge sous un parapluie.

Très gentils ils me disent connaître un restaurant et m’y accompagnent à l’autre bout du village. Et là tout fiers me disent c’est là ! En effet sur une grosse ardoise il est écrit « moules frites » je remercie chaleureusement et vais chercher ailleurs.

Je finis par trouver. La pluie continue de plus belle. Je suis sec, j’ai chaud et j’ai un peu perdu la flamme. J’ai plutôt la flemme.

Je me trouve des tas de raison pour rentrer à CHAMONIX par les transports. Renseignement à la maison du tourisme : car jusqu’au FAYET et train jusqu’à CHAMONIX.

La raison c’est ça : j’ai besoin d’expérimenter ma brouette dans les transports.

J’attends l’heure du car dans le bar face à l’arrêt. J’engage une conversation avec un jeune couple de randonneurs: Marc et Sharon. Ils me parlent de leurs randos. Des mordus très sympathiques. On se promet de s’envoyer des mails.

L’heure du départ est arrivée, mais le car passe sans s’arrêter. Je prendrais le prochain mais cette fois je me mettrais dehors et je ferai de grands signes.

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Pour le car pas de problème, la brouette est mise dans la soute du car. Pour le train descente des escaliers et remontée pour changer de quai : comme sur des roulettes. Monter dans le train, caser la brouette dans le coin bagages, pas de problème non plus.

Arrivée à CHAMONIX à 19h, grosso modo l’heure d’arrivée si j’avais continué sans m’arrêter au  steak frites.

Allons pas de regrets, ce qui est fait est bien fait.

CONCLUSION

J’étais parti dans une randonnée très classique (qui n’a rien de solitaire et d’aventureuse) pour tester la brouette et voir les avantages et les inconvénients de l’engin.

Inconvénients : l’ensemble du matériel est un peu plus lourd que le sac classique. Les mains sont toujours mobilisées par le maintien de l’engin. J’ai l’impression de peiner un peu plus que les autres dans les parties très raides. En mode poussé il faut bien observer le terrain pour éviter les obstacles. Il faut une demi journée pour se familiariser avec la conduite de la brouette pour se sentir vraiment en équilibre.

Avantages : j’ai emmené le confort que ne permet pas la rando légère. Dans les parties plates ou à faible déclivité la brouette est devant, la charge est totalement sur la roue. En descente la charge est motrice, elle entraîne, on peut même courir si le terrain le permet. En montée pas trop raide la position tractée est aussi confortable (pas de charge).  D’une certaine manière les manches de la brouette remplacent les bâtons.

Personnellement avec mes problèmes de dos et de genoux, je n’aurais pas pu effectuer cette rando. Avec la brouette je l’ai faite sans difficulté, et je ne souffre d’aucune douleur ou de courbature. Je suis prêt à repartir illico.

De plus le SHERPA-TREK m’a permis de faire des tas de rencontre de gens très sympathiques comme Bernard, le randonneur aux bottes de sept lieues, Marc et Sharon les poètes de la rando, Antoine et Rémy les joyeux randonneurs, Philippe et Marie les intellos (pas péjoratif) et pleins d’autres dont je n’ai pas mémorisé les noms mais qui restent inscrits dans ma mémoire et qui me consolent des paysages que je n’ai pas pu voir à cause de la pluie.